Carnet de voyage, 6 messages



L'ascension du mont Huyana Potosi (suite), posté le 2007-06-09 01:16:11

Afficher en taille réelleNous nous trouvions apres cela a environ 5700m et l'oxygene commencait séverement a manquer.
Plus tard, nous changeames de guide, laissant le plus expérimenté au couple néo-zélandais qui avaient un peu plus de mal. Notre nouvelle tete de cordée fut informé de notre bonne forme physique, et puisque nous n'étions plus retenu par notre précédent guide qui voulait rester en derniere position des 3 binomes, nous accelerames l'allure. Trop a mon gout, je ne tardais pas a le constater, le souffle court et une envie de vomir se dessinant. Je demandais logiquement a ralentir le rythme, mais, malgré cela, c'est dans un état assez limite que j'atteignais le bas du dernier mur, apres 3h30 d'effort sous-oxygéné. Aucune douleur musculaire ne venait m'ennuyer, mais toujours ce début de nausée et ce besoin incessant de plus d'air. Depuis le début de l'épopée, j'avais mangé deux demi-barres de chocolat et bu quelques gorgées d'eau, incapable d'ingurgiter plus.
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Le premier groupe avait déja atteint le sommet (avec un beau chrono de 3h30, bien qu'inutile puisque le soleil ne se levait pas avant une heure).
De notre coté, nous avions rejoints un peu auparavant le couple de francais, qui n'avaient pas l'air plus en forme que moi.
Devant nous se dressait la derniere partie, un immense mur a 70º, long de 200m. Une forteresse. Difficile en fait de savoir vraiment a quelle distance nous nous trouvions du sommet.
C'est au mental que j'entamais ce dernier obstacle.

Rapidement (bien que ma notion de temps fut probablement completement faussée dans l'état de fatigue et d'effort dans lequel je me trouvais), nous dumes encore une fois changer de guide, le notre devant redescendre pour raccompagner la demoiselle néo-zélandaise trop fatiguée et trop nauséeuse, qui abandonnait non sans mérite.
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Nous rejoignames donc le couple francais, et c'est donc sur une cordée de 5, moi-meme situé au milieu et le seul avec un peu d'expérience (ce qui aurait peut-etre pu aidé le guide, qui aurait probablement eu du mal a retenir ou a freiner tout seul la chute de 4 personnes) que nous continuames a monter.
Tous les 10 metres, je ne pouvais que m'arreter a bout de souffle, respirant comme un buffle, mes mains gantées accrochées a mon piolet glacé, ma tete reposant sur ces memes mains, les pointes avant des crampons plantés dans la pente, les genoux posées sur la pente. La bonne nouvelle était que ma nausée avait disparu, peut-etre parce que les pauses duraient plus longtemps que ce dont j'estimais avoir besoin, du au fait que le francais en fin de cordée souffrait encore plus et demandait toujours quelques secondes supplémentaires.
C'est comme cela, par section de quelques metres, en tirant sur le bras droit et en poussant sur la pointes des pieds, les mollets et les cuisses, alors que nos corps demandaient a ce qu'on s'arrete, mais que notre mental repoussait ses exigences, que nous avons continué notre progression vers le sommet.

En voyant le jour pointé, l'autre Guillaume commencait a s'impatienter. Il était en meilleure forme que nous autres francais mais souffrait du froid (chose dont je n'eus pas a me plaindre). Il commenca a pousser oralement le francais nauséeux et éreinté qui avait du mal a avancer. L'amie de ce dernier (pourtant plus a la peine que son homme la veille, comme quoi les effets de l'altitude sont aléatoires) n'hésita pas a répondre vivement et a traiter le québecois de 'con'. J'essayais de calmer le jeu, en particulier avec l'autre Guillaume, qui n'avait définitivement aucune expérience de la montagne, et lui expliquais qu'il fallait suivre le rythme du plus lent, qu'il valait mieux avoir un peu froid qu'un compagnon immobilisé au milieu de la pente vomissant ces tripes et son petit-déjeuner et que nous atteindrions le sommet quand nous l'atteindrions, peu importe l'heure. Guillaume se tut, et comme a chaque remarque censée que je devais lui faire, je ne sus s'il comprenait ou s'il savait intérioriser son désaccord.

A force d'avancer par petits bouts, nous finimes par toucher le sommet, 6088m, a 6h30, juste pour le lever su soleil, apres 4h30 d'ascension alors que seul le premier groupe nous avait précédé.
A une température de -10ºC, mais sans vent, nous prolongeames notre bonheur d'etre la pendant une demi-heure, tandis que le néo-zélandais et son guide (maintenant personnel) nous avait entre-temps rejoint.
Puis vint le temps d'entamer la descente et de laisser la place aux suivants. Nous croisames ainsi plusieurs groupes, pas tres loin du sommet, bien que j'eusse l'impression que leur nombre soit réduit comparé a celui observé la veille au refuge.
La descente fut difficile. Le but avait été atteint, la motivation psychologique ne faisait plus office de moteur, et la seule envie qui me remplissait l'esprit était de m'allonger a meme la neige et de dormir la ou je me trouvais.

Le québecois multipliait les bourdes. Déja au sommet, il s'était aventuré sur la partie de la crete exposée au vent, un couloir de glace qui devait probablement ne tenir sur rien et qui pouvait tres bien se décrocher. Je lui disais de s'en écarter avant que le guide ne se retourne et ne lui dise également, et que finalement il obéisse (le risque était réduit par le fait que nous étions alors tous encordés a un point solide, une longue et large barre métallique que notre guide avait enfoncée dans le sol).
Une autre fois, sur une paroi pentue, alors qu'il atteignait le bas et que j'étais en train de désescalader derriere lui, il sauta l'espace qui le séparait de la partie plane, sans pour autant vérifier si le mou de la corde qui l'attachait a moi le lui permettait. En l'occurence non et je fus soudainement tirer vers le bas. Heureusement j'avais vu la chose arriver et je pus effectuer un pas d'équilibriste et éviter de tomber de tout mon etre.
Le plus marrant fut surement la facon dont il titubait en marchant (malgré le fait de lui avoir dit de marcher comme un cow-boy pour plus de sureté et de stabilité), peu habitué aux crampons et aux chaussures rigides, ressemblant a un poivrot qui aurait prolongé un peu trop sa soirée au bar du coin, régulierement déséquilibré, s'emmelant parfois les crampons, et s'affalant meme a deux reprises. Heureusement dans son ensemble, le trajet ne présentait aucun danger.

Quel bonheur de retrouver le refuge! Une bonne heure de repos, une soupe de légumes délicieuse, meme a 10h du matin, et nous voila reparti pour redescendre le tout et rentrer a La Paz, exténués.
Le soir je me couchais a 19h00 et dormais d'un lourd sommeil pendant 13 heures...

Extrait de carnet de voyage, mercredi 6 juin, La Paz..., posté le 2007-06-09 00:20:55

Afficher en taille réelle...ou l'ascension du mont Huyana Potosi.

Apres avoir atteint en mini-van l'altitude de 4700m et avoir mangé notre déjeuner, nous voila partis pour le refuge se situant a 5200m, quelques 2 heures d'ascension extenuante (surtout du au manque d'oxygene), arnachés de nos gros sac-a-dos remplis de matériel d'alpinisme et autres: crampons, chaussures coquées de glacier, piolet, guetres, baudrier, de nombreux vetements chauds, nourriture et duvet pour la nuit. Un poids approximatif de 20 kilos pour sur.

Quand je parle de nous, je parle d'un couple néo-zélandais (déja a la peine sur cette premiere montée), d'un couple de francais, d'un jeune canadien et de moi-meme, accompagnés de nos 3 guides boliviens.
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Ce jour-la, le refuge est bien rempli (une dizaine de binomes devait tenter l'ascension par la voie normale le lendemain) et c'est bien serrés les uns contre les autres (ce qui a l'avantage de tenir chaud) que le petit monde se coucha vers 19h00 sur les tapis de sol qui recouvraient le parquet de l'étage du refuge, apres un repas énergétique auquel j'ajoutais pour ma part une aspirine, un mal de tete etant en train de naitre.
Certains ne dormirent pas du tout, je dormais relativement bien si l'on considere l'altitude bien que me réveillant régulierement.
Etrange de se dire qu'alors, je me trouvais déja bien au-dessus du Mont-Blanc.

Lever a 00h30, apres 5h30 de sommeil (au moins pour ceux qui ont réussi a s'assoupir). Préparation du matériel et gros petit-déjeuner, car nous n'aurons pas l'occasion de manger beaucoup durant l'ascension. Je remets une aspirine au menu, bien que mon mal de tete soit tout a fait supportable.
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A 2h00, mon binome québecois, un autre Guillaume, et moi nous mettons en route, un peu en retard par rapport aux autres groupes. Le guide en tete, le canadien en second et moi en queue, étant donné que j'ai plus d'expérience que mon compagnon. Chose que notre guide a remarqué je-ne-sais-comment, si ce n'est simplement par le fait que je me suis équipé seul et que mes sangles de chaussures et guetres étaient coté extérieur (ce qui diminue les risques de s'emmeler les pieds, en particulier avec les pointes des crampons), contrairement a celle de l'autre Guillaume. Ce dernier, qui, s'il s'averera etre en excellente forme physique et ne pas souffrir spécialement de l'altitude, ne dévoilera aucune compétence innée pour la montagne...

Sous les étoiles, une belle lune claire nous observant, nous permettant meme d'économiser nos lampes frontales, nous progressames d'un pas tranquille, sur une neige dure et stable, doublant régulierement les groupes nous précédant (malgré des problemes de crampons pour mon camarade québecois), tandis que l'effort avait fait disparaitre mon début de migraine. A moins que ca ne soit l'aspirine ou la boule de feuilles de coca coincée dans ma joue gauche.
Apres 2 heures d'effort, nous passames un premier mur nécessitant l'utilisation du piolet a la facon d'escalader les cascades de glace (bien évidemment en plus facile car l'équipement n'est pas adapté pour les parois verticales et encore moins pour la glace).
Nous nous trouvions apres cela a environ 5700m et l'oxygene commencait séverement a manquer.
Plus tard, nous changeames de guide, laissant le plus expérimenté au couple néo-zélandais qui avaient un peu plus de mal. Notre nouvelle tete de cordée fut informé de notre bonne forme physique, et puisque nous n'étions plus retenu par notre précédent guide qui voulait rester en derniere position des 3 binomes, nous accelerames l'allure. Trop a mon gout, je ne tardais pas a le constater, le souffle court et une envie de vomir se dessinant. Je demandais logiquement a ralentir le rythme, mais, malgré cela, c'est dans un état assez limite que j'atteignais le bas du dernier mur, apres 3h30 d'effort sous-oxygéné. Aucune douleur musculaire ne venait m'ennuyer, mais toujours ce début de nausée et ce besoin incessant de

Le Salar de Uyuni, c'est fou!, posté le 2007-06-08 21:08:58

Afficher en taille réelle Afficher en taille réelle Afficher en taille réelleIl y a de quoi respecter ce lieu, car il est grandiose et irréel.
Comme le seul moyen de lui rendre hommage, c'est de faire des photos du meme gabarit... Et comme il faut bien quelquefois laisser la poésie de coté, et qu'on ne se sent jamais mieux que lorsque l'on retrouve sa jeunesse et ses betises... Enfin bon, je suis sur que vous ne lisez plus et que vous avez déja cliqué sur les photos... Je vous laisse apprécier...

Extrait de carnet de voyage, La Paz, mercredi 6 juin, posté le 2007-06-08 19:45:08

Afficher en taille réelleJe suis arrivé a La Paz directement de Uyuni, apres nos deux derniers jours de safari dans les hauts plateaux boliviens: apres une nuit presque chaude (il faut savoir que la température extérieure atteint régulierement les -15 degrés dehors), nous sommes repartis le 3eme jour au milieu de ces paysages somptueux. Mes comperes de voyage avaient toujours quelque peu mal a la tete, tandis que je n'avais plus aucun symptome du a l'altitude.

C'est au milieu du lac salé de Chiguana, belle étendue grise-blanche perchée a 4000m d'altitude qu'un anneau métallique nous a doublé. Une partie de la roue arriere droite s'était échappée! Nous avions crevé. C'est a cet endroit, sur cette mer immense, que nous avons changé la roue, tandis que Django, le hollandais, s'éloignait de plusieurs centaines de metres pour faire ses besoins dans les toilettes probablement parmi les plus spacieuses du monde, la distance suffisant a créer l'intimité.
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Plus tard, nous arrivions a un petit village, San Juan, le plus grand que nous ayons croisé depuis le début de notre épopée. Nous nous y promenames un petit peu.
C'est alors que deux jeunes enfants sortirent d'une petite épicerie (probablement le seul magasin du village), et a la surprise générale, dépasserent un par un mes 4 amis pour se jeter sur moi, m'enserrant les jambes de leurs petits bras. Ils repartirent aussi vite qu'ils étaient venus. Puis recommencerent de plus belle, et cela a plusieurs reprises. Mais pourquoi moi? Peut-etre fusse ma taille ou peut-etre nous connaissions-nous d'une vie antérieure... Je passais alors plusieurs minutes a jouer avec eux et au moment de partir, j'avais déja du mal a m'en séparer (ce qui pourrait faire penser que la deuxieme option dans la phrase précédente est la bonne).
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Le jour suivant, malgré une demi-heure a chercher les clés du véhicule (nous avons soupconné notre guide et conducteur d'avoir fait semblant de les perdre pour couvrir la cuisiniere qui n'était pas prete), nous avons finalement atteint le fameux lac de sel de Uyuni pour le lever du soleil. 180 kilometres sur 90. La moitié de la Belgique.
Comme si l'on se trouvait sur une mer glacée, plate et calme. Cela m'a rappelé mon année au nord de la Suede ou la mer (le golfe de Botnie) gele en hiver et ou des routes sont tracées dessus. Excepté qu'ici, l'eau est remplacée par le sel, blanc et dur, cristallisé.
Comme dans un désert, des mirages se forment au loin, et les montagnes qui bordent l'étendue immense se refletent étrangement sur celle-ci...

Extrait de carnet de voyage, safari entre Tupiza et Uyuni, laguna Colorada, jeudi 31 mai, posté le 2007-06-08 19:15:35

Afficher en taille réelleMe voila parti pour un safari 4x4 dans le sud-ouest argentin, en compagnie de deux couples sympathiques: un couple flamand, en voyage de noces de 9 mois, qui se déplacent la plupart du temps en auto-stop et dorment en tente, et un couple composé d'une belge (wallonne cette fois) et d'un hollandais, qui, quant a eux, sont un peu moins routards et préferent une petite dose de confort, mais restent tres agréables, pour peu que Sabine (la wallonne donc) ne parte pas sur un récit interminable de quelque partie de sa vie...

Apres quelques dizaines de minutes, nous voila déja au-desus de 3500m (Tupiza se situe a 2900m), altitude sous laquelle nous ne descendrons plus.
Pour lutter contre un éventuel mal de l'altitude, je laisse régulierement macérer dans une joue des feuilles de coca, sensées réduire ses effets ainsi que ceux de la faim et de la fatigue.
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Les paysages défilent et émerveillent. Passés canyons et formations rocheuses et rougeatres un peu similaires a celles du nord de l'Argentine, nous voici au milieu de belles et hautes vallées, seches mais encore un peu vertes. Les lacs et les rivieres sont tous gelés. La couche de glace n'était pas assez épaisse ni assez fine pour éviter une erreur de jugement. Hier, je teste donc la solidité de celle-ci en traversant un ruisseau étroit. Apres un craquement sourd, je n'eus pas le choix et dus sacrifier une jambe pour sauver l'autre. Résultat: une boue soufrée et humide jusqu'au genou. Une bonne occasion pour mon ami flamand, Stijn, de se moquer de moi et de l'odeur dégagée. Jusuq'a ce qu'aujourd'hui, il fasse la meme bourde sur un lac, cette fois la boue était rouge et encore plus odorante!

Lamas, moutons, chevres, vigognes, en quantité incroyable. Pour les habitations isolées et les villages d'au plus une vingtaine de famille de ces hauteurs, l'élevage de lamas est la principale source de vie. Quelques lacs asséchés de minéraux sont également exploités. En général, un trajet vers la ville est organisé une fois par semaine. Une vie perchée a 4000m, dans le froid et les vallées désertiques.

Premiere nuit a 4200m, un peu agitée et avec l'étrange impression au réveil d'avoir eu la tete compressée pendant le sommeil.

Aujourd'hui, nous avons atteint les régions volcaniques, la végétation a disparu et les couleurs sont devenues plus extravagantes, moins naturelles, que cela soit pour les montagnes ou pour ces étendues minérales multicolores.
Que dire des sources chaudes perdues au milieu des hauts plateaux dans lesquelles nous nous sommes baignées; température de l'eau a la sortie, 35 degrés; vite refroidie par le vent terrible. Température de l'air, peut-etre 5 degrés, apparaissant beaucoup moins avec le facteur éolien. La neige s'est meme invité dans la partie, fouettant mon visage gelé tandis que mon corps trempait dans l'eau tiede.
C'est ainsi que par la suite, alors que la neige était jusque-la pratiquement absente de notre vision, meme sur les sommets a pres de 6000m, nous dument affronter une tempete terrible, visibilité réduite a quelques metres, la neige collée aux vitres, exceptée, a cause du vent, sur 20 centimetres de pare-brise avant, coté conducteur. Les essuies-glace ayant gelés et étant bloqués, c'est par ce faible interstice que notre guide essayait de nous garder et guider sur la piste, tandis que coté passager, la cuisiniere, fenetre ouverte et des stalactites commencant a pousser au bas de son bonnet, lui indiquait la distance qui nous séparait du bord droit. Sabine était paniquée, j'étais joyeux (finalement nous naviguions sur un terrain relativement plat), dans ces éléments que j'aime bien, le froid et la neige.

Nous en sommes finalement sortis. Peu apres, nous atteignimes une partie volcanique active, avec geysers, liquides boueux et bouillants sortant de terre. Pas spécialement dangeureux, sauf si on se rappelle l'histoire récente du touriste happé par un jet bouillant de vapeur ou celle de l'autre qui a glissé dans une marmite, brulée au 3eme degré jusuq'a la taille...

Ce soir, nuit a 4300m.
En bonus, un fichier vidéo: cliquez ici

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