Carnet de voyage, 6 messages
| Mes derniers jours, posté le 2007-07-09 21:24:04
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Je dois dire que depuis Huaraz, il m'a fallu faire un peu de chemin pour atteindre a temps Quito et ne pas louper mon vol de retour. J'ai donc passé un certain temps dans les bus, bien que m'arretant ponctuellement dans quelques villes pas vraiment intéressantes.
Comme par exemple a Thumbes, ou je n'ai pas vu un seul autre touriste (peut-etre étaient-ils tous a la plage?) et ou je me suis vu du coup etre la seule cible d'un certain nombre de roublards.
Tout d'abord celui qui m'interpelle et m'informe que si je veux passer en Equateur il faut le faire dans l'immédiat, car une greve des agriculteurs se prépare, va bloquer la frontiere dans sa totalité et cela risque de durer 10 jours. Cela tombait bien parce qu'il pouvait justement m'emmener de suite jusqu'au poste frontiere. Au mieux, cet aimable menteur m'aurait probablement fait payer la course un prix faramineux, au pire il m'aurait emmener dans un coin isolé pour me dépouiller...
Ensuite, alors que je profitais tranquillement du soleil sur une terrasse de restaurant, le sac au pied de ma chaise, me voila déranger par un local qui commence a me montrer je-ne-sais-quoi en me baragouinant des phrases incompréhensibles, ce qui ne m'étonnait pas plus que cela car depuis que j'étais arrivé dans la ville, l'accent de la région me donnait de nombreuses difficultés (et mon espagnol n'est toujours pas le meilleur du monde). Peu avant, un autre homme s'était adossé pas tres loin de ma table, sur un pilier, sans que j'y fasse vraiment attention, bien que cela l'aurait mérité. Tandis que j'essayais de faire répéter ces mots au compere qui se trouvait sur ma droite, l'homme adossé avait quitté sa position de repos et quand je sentis enfin sa présence, je le trouvais a moins d'un metre de moi sur ma gauche. Le temps que je tourne la tete et il aurait déja pu disparaitre avec mon sac sans que je ne puisse jamais les rattraper. Mais cela faisait bien longtemps que j'avais appris, dans les lieux publics, en particulier en ville et en extérieur, a glisser une des bretelles de mon petit sac soit autour d'une de mes chevilles, soit autour du pied de ma chaise, cette derniere solution retenue pour cette fois-ci. Malgré tout, cela n'avait pas découragé le voleur et il avait déja sorti le couteau suisse pour trancher la bretelle et liberer le sac. J'aurais bien aimé voir comment il s'y serait pris vu l'épaisseur de la sangle!
Cela étant, avec un homme tenant un couteau sur ma gauche et un homme me barigouinant des choses absurbe sur ma droite, j'aurais pu me trouver completement décontenancé. Pas du tout. J'indiquais calmement mais surement d'un geste clair au gars porteur du couteau de s'en aller prestement avant que je m'énerve, chose relativement claire dans les paroles que je prononcais, en francais et avec un ton sec: "Toi, tu dégages!"
Alors que le roublard s'en allait, l'autre a ma droite continuait a débiter son flot de paroles. Je tournais la tete, le regardais et de la meme facon, je lui disais de s'en aller, en modifiant un peu mon discours: "Et toi, tu te fous de ma gueule ou quoi? Tu dégages aussi!".
Et je pus enfin manger mon horrible gelée au citron en paix...
Ensuite, je me vis refiler une fausse piece de 5 soles (1 euro) en essayant de faire de la monnaie a la station essence. Personnellement, bien que je fasse attention aux billets que l'on me donne, je ne pensais pas qu'il put y avoir de fausses pieces, vu la valeur de celles-ci. Et si je l'avais su, je doute que j'aurais pu faire la différence entre cette piece et une autre. Ce n'est donc qu'apres que j'appris qu'elle était fausse. Il faut bien se faire avoir quelques fois quand meme!
Puis, finalement, au poste-frontiere péruvien, j'essayais de changer mes soles en dollars (monnaie équatorienne) dans la rue. Grace a sa magnifique calculatrice, mon interlocuteur me montrait avec confidence que mes 187 soles divisés par le taux de change convenu de 3,3 nous donnait un nombre de dollars approchant les 45. Dommage pour lui que je ne sois pas mauvais calcul mental. Je lui arrachais sa calculatrice des mains pour lui montrer que le calcul faisait 56,6 dollars et n´hésitais pas le pourrir de quelques insultes en route. La valeur de 56 dollars convenus, il s'apercut alors que j'essayais de lui refiler ma fausse piece de 5 soles. Autant dire que la transaction n'eut finalement pas lieu... (je devais plus tard changer mon argent péruvien a Quito, avec un taux en toute logique bien moins bon, mais en refilant cette fois-ci ma fausse piece!). |
| Extrait de carnet de voyage, lundi 2 juillet, 2eme jour de randonnée, posté le 2007-07-06 19:54:13
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Apres une belle nuit frileuse (assez pour blanchir les parois de ma tente et faire sortir leur couverture de survie a un couple franco-allemand ne possédant des sacs de couchage que peu adaptés a cette altitude), rebelote aujourd'hui, remontée a 4750m, et aucun véhicule cette fois pour monter les plus fainéants.
J'ai eu du mal. Peut-etre du aux contre-coups de l'effort de la veille, ou aux 200 metres supplémentaires de dénivelé posifif, ou bien encore a la pente plus douce (donc plus aisée au début mais rallongeant considérablement la marche et le temps passé a des altitudes moins supportables physiquement). Enfin, pente plus douce, si l'on excepte la fin de l'ascension, ou l'on peut voir s'ériger une muraille de pierre, infranchissable en apparence, mais dans laquelle l'homme a pourtant creusé son trou, sous le regard menacant de pics enneigés mécontents... |

La difficulté de la randonnée n'empeche pas nombre d'occidentaux "de plaine" de tenter l'affaire. Mais il faut dire que ceux-la n'ont rien a porter, si ce n'est éventuellement un petit sac. Tout le reste est acheminé par des colonnes de mules portant bagages et nourriture (voire une cuisine entiere quelquefois), dirigées par des guides péruviens plus ou moins sympathiques, plus ou moins expérimentés (il serait facile pour moi de devenir guide dans le coin), plus ou moins respectueux de l'environnement. Et c'est ca le plus dommage.
Quand je vois celui-la qui urine a un metre du cours d'eau duquel on puise l'eau pour nos gourdes. Et cet autre qui autorise son groupe a faire un grand feu, a quelques dizaines de pas du panneau sur lequel on peut lire que les feux sont interdits. Ce meme groupe, d'ailleurs, qui n'hésitera pas a laver sa vaisselle a grand dose de produit savonneux et toxique, toujours dans la riviere ou je puisais mon eau, ainsi que bon nombre d'occupants des quelques campements en aval. Ces pollueurs ont pour leur part surement fait porter des tonnes de bouteilles d'eau plastique par leurs mules... |

Si seulement la taxe de séjour dans cette zone "protégée" pouvait payer des formations aux guides et servait a responsabiliser ces touristes se prenant pour des aventuriers quelques jours, mais ne restant que des pollueurs de toujours.
Suite a ce tourisme destructif, j'ai regardé les montagnes d'un air désolé. Je crois que l'une d'elles m'a fait un clin d'oeil, comme pour me dire qu'elle en avait vu d'autres... |
| Extrait de carnet de voyage, dimanche 1er juillet, quelquepart dans la Cordillere Blanche, posté le 2007-07-06 19:33:41
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Je suis finalement (enfin) tombé malade. Pas suffisament pour déranger un médecin malgré tout.
Balonné depuis Lima, je devais, une fois arrivé a Huaraz me vider durant tout l'apres-midi et toute la nuit, une nuit fievreuse et agitée, alors que je n'avais rien pu avaler au diner. Une aspirine et quelques pansements gastriques firent l'affaire, en addition d'une journée de repos le lendemain, qui retardait mes plans de randonnée, la derniere de mon voyage. Je retrouvais rapidement l'appétit, étrangement pour une énorme pizza, alors qu'il semblait que du riz est été la cause de ma malforme, car, rien qu'en y pensant, mon ventre faisait d'étranges bruits de mécontentement.
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Heureusement, j'ai bien dormi la nuit derniere, qui fut accompagnée de reves sur mon retour en France (non Juju, je ne t'aiderai pas a faire une statue en glaise de Pierrot pour son enterrement de vie de jeune garcon!), de plus en plus fréquents au fur et a mesure qu'approche la fin de mon voyage.
J'ai quitté Huaraz ce matin pour atteindre le point de départ de ma randonnée. Hélas je me levais trop tard (6h30) et loupait la connexion a Yungay, ville de laquelle plus aucun transport ne partait vers ma destination avant l'apres-midi. Coincé, je prenais une voiture collective (un taxi partagé) avec quelques autres touristes, histoire de m'avancer un peu (c'est toujours ca de gagner), direction des lacs a l'eau turquoise perchés a 3850m, au milieu de monts gigantesques dépassant le plus souvent les 6000m ou au moins les approchant (ce qui allait etre mon magnifique quotidien pendant les jours suivants). Une fois la-bas, ne restait plus qu'a passer le col a 4767m, "un peu" plus haut et redescendre de l'autre coté! |

Je laissais mes compagnons de taxi, dont ces 2 anglaises en débardeur, short et sandalettes, tout étonnées d'avoir froid apres etre montées de 2000m. Sans commentaire...
Il était 11 heures, j'avais le temps de grimper un peu pour profiter d'une meilleure vue. Et ceci allant, suivant un chemin de randonnée assez direct (contrairement a la piste pour les véhicules), je me retrouvais au col apres 2 heures de marche (et 1 heure de déjeuner, paysage oblige). J'en concluais que, bien que me sentant faible au matin, malgré ma diarrhée aigue (appelons les choses par leur nom) des deux jours précédents, la forme était toujours bonne!
Je trouvais a redescendre de l'autre coté en véhicule collectif, auquel je faisais signe a son passage au col. Quelle chance, seules 26 personnes habitaient le mini-van! Autant dire que l'on me trouva une place, meme si j'étais un peu plus grand que la normale!
J'avais finalement atteint le point de départ de ma randonnée, a 15h30. Le temps encore de marcher 2 heures avant de planter ma tente, un chemin relativement plat, traversant quelques bourgades désuetes ou tous les enfants semblaient me connaitre, bien que sous l'étrange surnom de Caramelo. "Hola Caramelo!" me criaient-ils. D'autres plus rares m'appelaient Propina (ce qui signifie 'pourboire' ou 'bakshish', la différence n'est pas vraiment faite par ici)... |
| Extrait de carnet de voyage, Lima, mardi 26 juin, posté le 2007-06-30 01:29:00
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Je suis allé au Machu Picchu. Et comme l'on pouvait s'y attendre, je n'ai pas été décu.
Il faut dire que le trajet a eu tout son charme également, car je ne suis pas arrivé par les chemins les plus classiques, histoire d'éviter le train et ses prix abusifs.
La premiere étape consistait a atteindre Santa Maria, village tres au nord du Machu Picchu, en bus local, avec un départ matinal a 8h30. Une belle montée jusqu'a 4350m pour arriver a un col, qui révele, une fois passé, une superbe vallée encaissée, a la végétation soudainement tropicale, dans laquelle descend une route vertigineuse. Devant un tel panorama, je me disais déja que je n'avais pas fait le mauvais choix. |

Tout le long de la descente (et elle dure plusieurs heures!), la route est en travaux, ce qui la rend encore plus impressionante, car bordée sans protection par des ravins de plus de 1000m, de parois verticales en terre et cailloux, de quoi se demander comment le terrain peut ne pas glisser de temps en temps, en emportant un ou deux véhicules...
D'ailleurs peu apres le col, nous dumes nous arreter une premiere fois. Un éboulement avait enseveli la voie et lorsque je m'approchais pour voir ce qu'il en était, quelques rocs tombaient encore. La pelleteuse commenca peu apres a dégager le chemin et a remblayer un peu la route dont une partie avait peut-etre été emportée. La, en observateur attentif de la manoeuvre, je retrouvais Marine et Christophe, deux francais, déja rencontrés a La Paz, avec qui je devais passer les 10 prochains jours. |

Une heure plus tard, un passage juste assez large pour laisser passer un bus était dégagé.
Les ouvriers commencerent a faire passer les véhicules au compte-gouttes, chacun attendant son tour patiemment et silencieusement. Comme si l'on jouait a la roulette russe, s'attendant a tout instant a ce qu'un des véhicules prenne une pluie d'éboulis ou glisse dans le ravin. L'inquiétude était palpable, les roues de notre bus se mirent a avancer le long du bord affaibli. L'homme a mes cotés serait violemment dans ses mains une icone de Sainte-Marie, alors qu'il l'avait embrassée et regardée longuement auparavant.
Nous étions passés et le bus reprenait son chemin fou a travers ces parapets de terre et de cailloux qui formaient un drole de serpent sur les pentes de la montagne.
Il ne nous fallut pas attendre longtemps avant d'etre stoppé a nouveau. Une autre pelleteuse finissait cette fois de tasser deux droles de dunes, un précédent éboulement encore une fois.
Nous passames. Et il en fut de meme pour les dangeureux passages a une voie qui suivirent, desquels je pouvais voir le fond de la vallée (j'avais choisi le bon coté pour la dose d'adrénaline).
A 16h30, nous atteignimes Santa Maria (presque 3000m plus bas). Pour repartir quelques minutes apres pour Santa Theresa dans une vallée perpendiculaire a celle dans laquelle nous nous trouvions. Cette fois dans un petit mini-van. Nous dumes payer deux fois le prix, car les passagers n'étaient pas assez nombreux. Ce qui nous a procuré un certain confort, si on peut dire. Un joli trajet de 2 heures, peut-etre pire que le précédent, sur une piste étroite ne pouvant laisser passer qu'un seul véhicule, toujours le long de précipices immenses. La nuit, la fatigue et une cassette de Bob Marley ne vint que rajouter a l'aspect fou de la chose.
Nous (mes 2 comperes retrouvés et moi) restames la nuit a Santa Theresa.
Le lendemain, nous voila reparti a 7h00 dans un nouveau mini-van (appelé 'combi' ou 'collectivo' par ici), ou cette fois le nombre de personnes atteint la normale. Cela me rappelle étrangement la Mongolie. Seulement le trajet ne dure que 40 minutes. Heureusement, car j'étais assis sur la coque métallique au-dessus du moteur et mon arriere commencait a chauffer séverement. La piste fut une banalité comparée au trajet de la veille.
Nous voila donc a la centrale hydroélectrique, également le terminus du train venant de Cuzco. Il ne nous reste plus qu'a remonter la ligne de chemin de fer pendant 2 heures pour atteindre la petite ville touristique d'Aguas Calientes, au pied du Machu Picchu. Nous décidons de prendre un petit déjeuner sur un stand le long des voies avant l'effort. Ce n'est pas si évident de marcher sur des rails, en particulier lorsque l'écartement des traverses est totalement irrégulier! Ainsi pendant 2 heures, sans presque le savoir, nous allions tourner autour du Machu Picchu, au milieu de magnifiques montagnes élancées vers le ciel, recouvertes d'une végétation dense et verte.
De Aguas Calientes, revenus dans le monde des touristes, nous avons choisi de monter en bus (gain de temps et de force), l'intéret de monter a pied le long d'une route parcourue d'autobus étant relativement limité. Voila comment nous atteignimes le Machu Picchu. Bien évidemment, nous sommes restés jusqu'au coucher du soleil et avons profité de ce site merveilleux que je décrirai une prochaine fois.
Le lendemain, nous repartimes par la meme route (toujours pas décidés a payer 20 fois plus cher qu'un local). Et comme cela n'avait pas été assez marrant a l'aller, nous fimes tout le trajet dans la cabine d'un camion cette fois! |
| Extrait de carnet de voyage, Arequipa, lundi 18 juin, posté le 2007-06-19 00:30:01
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J'aimerais revenir sur le marché central d'Arequipa.
Je m'etais assis la, devant un stand de jus de fruits. Je m'étais acheté une belle part de gateau aux pommes et une dame souriante me tendait alors un grand verre de jus de melon.
C'est en sirotant ce breuvage délicieux que je me mis a regarder ces sacs de pommes de terre. Magnifiques et nombreux sacs de patates. Il paraitrait qu'il existe, rien qu'au Pérou, plus de 4000 variétés de pommes de terre. Je ne sais pas si ces sacs de toile marrons remplis de ces féculents ronds, un peu rosés et sales, étaient objectivement plus beaux que la cathédrale ou que le centre d'Arequipa. Mais cette image que je regardais me semblait tellement plus vraie, au milieu des locaux et de l'animation du marché. Ces pommes de terre étaient définitivement a leur place. Elles ne paraissaient pas. Et voila ce que je trouvais admirable. |

Contrairement a la cathédrale, par exemple, qui, non pas a cause de son aspect ou de ses caractéristiques, mais a cause de son environnement ne semblait plus tres réelle. Elle semblait s'ennuyer. Fatiguée d'etre regardée, d'etre une attraction, d'etre dans ce monde moderne qui n'était pas le sien.
Personne ne m'avait poussé a regarder les pommes de terre. Aucun guide n'en parlait, aucun rabatteur, restaurateur, organisateur, mendiant ne rodait autour. Aucun droit de voir, aucun droit d'entrée. Voila pourquoi j'étais bien assis la. Parce que j'étais libre, mon jus et mon gateau étaient délicieux, et que le fait que je regarde par ici ou par la et que je me trouve la n'avaient pas été influencé (bien que ca se discute).
Et ils étaient définitivement beaux, ces sacs de pommes de terre... |
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