Carnet de voyage, 7 messages
| L'Asie, c'est fini...., posté le 2007-02-03 09:56:23
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Voila, c'est en quittant l'Asie que se termine la première moitié de mon tour du monde.
D'un coté, c'est passé réellement vite, mais finalement probablement pas plus que si j'étais resté dans un quotidien monotone. Le fait d'avoir vécu toutes ces choses et d'avoir pris le temps de les vivre a finalement donné une dimension plus grande à ce temps écoulé.
Je me réjouis d'avoir encore la même distance à parcourir, comme je me réjouis aussi de l'avoir parcourue...
Un petit dernier fichier pour terminer en beauté, juste une musique jouée lorsque je suis allé au spectacle de marionnettes sur l'eau à Hanoi...
Gros bisous a tous. | En bonus, un fichier mp3: cliquez ici |
| Extrait de carnet de voyage, mardi 30 janvier, Cai Rong, posté le 2007-01-31 12:48:06
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Samedi dernier, départ pour la fameuse baie d'Halong. En bon touriste, j'ai fait la route dans un mini-bus affrété par une agence (pour ma défense si besoin est, je retourne a Hanoi demain en bus local). Je me sentais néanmoins un peu intrus car la bonne dizaine d'autres touristes assis a mes cotés avait réservé un tour organisé. Et quel tour! Visite éclair de la baie d'Halong en une journée: 4 heures de route a l'aller, 4 heures dans la baie et 4 heures de route au retour!
Pour tout dire, la baie d'Halong, je n'en ai rien vu. Deux raisons: la première, un plafond nuageux très bas et donc une visibilité très réduite; la deuxième, je n'y suis pas resté très longtemps. A peine une petite heure en vérité, le temps d'apprécier la centaine de touristes en attente de départ ou de leur guide en train de réserver un bateau, ainsi que quelques organisateurs de "croisière" qui ont tenté de m'amadouer. "Le mieux, c'est de passer la nuit sur le bateau". Evidemment. |

Pour ma part, j'ai tourné le dos à la baie, et avec l'aide d'un conducteur de scooter-taxi, je suis monté, comme cela, sur le bord d'une route, dans le premier bus direction Cai Rong.
Cette dernière ville se trouve quelques dizaines de kilomètres plus au nord, sur l'île de Van Don, que m'a conseillé une de mes cousines et son compagnon. En face de cette île, la baie de Bai Tu Long, en tout point identique a la baie d'Halong au niveau des formations rocheuses sortant de l'eau, les touristes en moins! Et, en effet, en cette fin de saison (15 degrés en journée et des nuages qui font leur apparition doucement), excepté 3 australiennes, je n'ai pas vu un seul autre touriste...
Un Viêt-Nam comme je l'aime, dans ce petit port actif mais tranquille, avec une vue sur la baie splendide, logé dans une guesthouse conviviale, entouré d'habitants gentils, ouverts, rieurs et honnêtes (pour la plupart)! |

Le 2eme jour, je prenais une navette vers l'île de Quan Lan, histoire d'apprécier la baie dans toute sa splendeur. J'étais d'ailleurs en compagnie des 3 australiennes avec qui je partagerai un bungalow la nuit à venir. Pas si souvent qu'on a l'occasion de partager sa chambre avec 3 jeunes filles, tout cela sur une plage déserte...
Pour revenir au ferry, une nouvelle arnaque pointait le bout de son nez. On a beau avoir au bout d'un moment une certaine expérience du voyage et connaitre un certain nombre de ficelles, il faut accepter le fait que l'on se fera régulièrement avoir sur certaines choses, fatalement. Il n'empêche que si l'on a l'occasion d'en déjouer une, histoire de montrer que tous les touristes ne sont pas des cibles faciles...
Ici, le processus est simple. Vous payez le ticket plus cher sous prétexte que les étrangers souscrivent une assurance, un peu comme l'assurance facultative que l'on achète avec un forfait au ski... Sauf qu'ici elle n'est en rien facultative. Je crois avoir déjà rencontré cette arnaque en Inde. Si je mourrais, je touchais quand même la somme considérable de 500 dollars!
A l'aller, malgré une âpre discussion, je cédais, face a un interlocuteur qui ne parlait pas anglais, et à côté des australiennes qui avaient réglé la note depuis un bout de temps en bronchant a peine. De plus, je n'avais pas la monnaie...
La contre-attaque (on s'amuse comme on peut) au retour allait être plus efficace. Le gérant des bungalows sur l'île de Quan Lan m'avait confirmé les prix et la raison douteuse d'une assurance pour laquelle les touristes étrangers payaient 2 fois plus cher. Je prenais donc le chemin du retour confiant le lendemain. L'encaisseur n'était pas le même, dommage...
Je sortais cette fois la somme exacte, et malgré encore une fois une difficile discussion, je ne lâchais pas le morceau... Cette fois, j'étais encouragé par un local assis derrière moi, me donnant raison (il faut dire que dans ces cas, même si tous les voyageurs sont honnêtes et gentils, on voit apparaître une loi du silence qui ne vous aide pas...). Aidé de mon petit livret de phrases et mots utiles en vietnamien, j'écrivais finalement sur un papier:
Je ne veux pas d'assurance
Je n'ai pas besoin d'assurance
J'ai une assurance française
Je ne suis pas un stupide touriste
(la dernière affirmation étant a priori fausse si l'on considère l'aller...)
Je voyais bien qu'il s'énervait a l'intérieur, même s'il n'en montra rien (cela n'aurait pas été bien jugé) et de mon coté très calme, essentiel dans les pays du sud-est asiatique, je gagnais la partie, même si je dus me résigner a ne rien toucher en compensation au cas ou le bateau coulait. Une bien belle jambe que ça m'a fait! |
| Extrait de carnet de voyage, Phu Quoc, mercredi 13 décembre, posté le 2006-12-13 10:02:33
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Je devais quitter l'ile en bateau ce matin, mais tous ces derniers sont annulés pour 2 jours à cause des vents trop forts. Je me suis donc résigné à rejoindre la cote en avion demain matin.
Ces derniers jours, j'ai adopté le moyen de transport du pays en louant une mobylette tout terrain. Si l'on met de coté le Solex de mes grands-parents, je ne me souviens avoir monté un 2-roues motorisés qu'une seule fois. Des la premiere accélération, je m'étais retrouvé dans une porte de garage, l'accélérateur à fond, pris de panique... Ici, rien de tel ne m'est arrivé et je m'habituais bien aux différentes commandes. Rien de bien difficile quand on sait conduire une voiture et un vélo. |

Voila comment j'ai passé une partie de mes 3 derniers, a rouler sur des pistes carrossables de sable rouge de l'ile, a découvrir les nombreuses beautés des alentours.
Ma premiere excursion m'a conduit à des chutes d'eau un peu essoufflées par le manque de pluies. Je m'arrêtais à un petit stand sur le chemin piéton qui y menait pour manger un bout. J'avais apparemment le choix entre nems ou oeufs. Je décidais de manger quelques nems dans un hamac pendant que les oeufs cuisaient dans une casserole d'eau. Des oeufs durs, pourquoi pas? En fait, c'étaient bien des oeufs durs, mais pas fraichement pondus et voila comment je découvris un nouveau plat: autant de jaune que de blanc, des étranges fils noirs et gris les parcourant (début de plumes?), mais surtout un embryon de poussin au milieu, tout mou, sans force, pas encore tout a fait fini, un petit corps gris sur lequel on discernait clairement la tête avec les yeux et le bec, le corps et les pattes. Je ne suis pas vraiment difficile pour ce qui est de la nourriture et suit ouvert a toute forme d'essai culinaire, mais j'avoue avoir eu un peu de mal avec cette spécialité-la. D'ailleurs je n'ai pas pu manger le troisième, bien qu'au niveau du gout, on avait le droit à un subtil mélange d'oeuf et de viande, assez bon en fait. |

Une heure plus tard, je rencontrais un groupe de vietnamiens en sortie du dimanche qui m'invitait à manger en leur compagnie. Encore une fois, je rencontrais un franc succès avec les filles. Quelques verres de rhum, que je n'ai bien évidemment pas refusés, avant que l'on me tende (oh, surprise!) un nouvel oeuf identique a ceux que j'avais eu le plaisir de découvrir peu avant. J'en mangeais quelques bouchées pour faire plaisir mais préférais me rattraper sur la mangue verte.
J'ai pu éclaircir les raisons pour lesquelles les vietnamiennes me trouvent charmant (sans mentir, la phrase que j'entends le plus ici au Viêt-Nam après les phrases classiques de présentation et de salutation est "You are very handsome" - "Tu es très beau"); deux choses:
- mes yeux, bleu-vert très clair avec le soleil; à la rigueur, je peux comprendre
- mon nez. Hein quoi? Oui, mon nez, mon bon gros et long nez a ici tout son charme. Il s'avère que plus le nez est protubérant et plus la personne est belle. Etonnant, non? |
| Extrait de carnet de voyage, Phu Quoc, samedi 9 décembre, posté le 2006-12-13 09:39:26
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Phu Quoc, c'est un peu comme des vacances dans les vacances (pour peu qu'un Tour du Monde soit des vacances, ce que bon nombre de personnes considèrent ainsi et je ne veux pas les contredire...).
Hier, je m'étais inscrit à une excursion en bateau autour des iles du sud de Phu Quoc. Chose que j'ai immédiatement regrettée après m'être retrouvé dans un mini-bus en direction de l'embarcadère avec 6 couples, tous âgés de plus de 40 ans, dont 4 couples allemands (ces foutus allemands qui jettent leurs mégots a la mer, insupportable!). Finalement la beauté des iles m'a admirablement apaisé et je décidais que j'avais vraiment bien fait de venir lorsque je me retrouvais avec palmes, masque et tuba a plonger au milieu des coraux et de leur faune, d'autant plus que l'on a visité plusieurs petites criques, eut un excellent repas et que tout le monde, sur ce que j'ai vu, semblait avoir respecté la fragilité des coraux, si l'on excepte un français qui s'était posé sur un corail rouge et lisse; pour sa défense, il pensait que c'était un rocher, semblait désolé et mettait toutes ses cendres et ses mégots dans un paquet de cigarette vide quand il fumait. |

La soirée fut assez drôle. Je décidais d'accompagner en ville un jeune vietnamien de 19 ans travaillant a l'hôtel, du nom de Hiou, pensant qu'on irait dans quelques bars ou pourquoi pas en discothèque. J'avais mangé comme deux, suite aux efforts de la journée et était complètement rassasié, ce qui éventuellement me donnait un bon pouvoir d'absorption si jamais on buvait trop. Je ne fus pas déçu!
En marchant vers la petite ville a 1km de la, je m'aperçus que l'anglais de mon ami, que je pensais assez performant pour que l'on puisse avoir une discussion partielle, n'était limité qu'au vocabulaire hôtelier. Au-delà des phrases utilisées pour servir et comprendre les demandes basiques des clients, la conversation tournait vite court, et le silence tomba rapidement.
Il me posa une question, que j'essayais de comprendre du mieux que je pouvais. A priori, il me demandait si je voulais de la "came", question a laquelle je répondais par la négative, en m'interrogeant : ce jeune vietnamien à l'air innocent aurait-il pu être un drogué? J'en doutais.
Arrivés en ville, nous nous dirigeâmes vers un petit café-glacier, et je compris que "kem" est le nom vietnamien pour les glaces. Et voila comment je me retrouvais a manger une glace vanille, fraise et pastèque, cherchant un peu d'espace libre dans mon estomac... Confirmation que Huoi n'était pas un drogué. La discussion était toujours aussi succincte, surtout qu'a chaque question que je formulais posément commençants par ces pronoms interrogatifs tels que "quand", "ou", "pourquoi", j'avais le droit a une magnifique lueur d'incompréhension suivie d'un superbe "yes" franc et sincère comme toute réponse. Malheureusement je n'avais pas emmené mon petit bouquin de mots et phrases utiles en vietnamien.
Nous quittâmes les lieux pour nous enfoncer un peu plus loin dans la ville, ou la plupart des jeunes se rassemblent dans des petits cafés pour y boire quelques boissons, non alcoolisées en général. Je ne sais pas si c'est parce qu'il m'avait vu boire quelques bières de marque "Tiger" ou si parce que la premiere réponse que j'avais donnée a sa question "Are you tired?" ("Es-tu fatigué?") fût "Yes, Tiger" (pour ma défense, il prononcait "tired" comme "Tiger"), mais nous achetames deux bieres "Tiger" au supermarché tout en marchant. Apres cette bière, Huoi était déjà un peu ivre, répétant "Hello my friend" a de nombreux amis (fictifs?) qui lui répondaient a peine et essayait d'accoster les filles en scooter, a la manière d'un adolescent timide, c'est-a-dire en leur parlant quand celles-ci n'étaient déjà plus a portée de voix! Apres tout, peut-être m'avait-il demandé de l'accompagner en ville en espérant que j'attirerai les filles... Raté...
Un nouvel arrêt dans un petit café au bord de rue, une nouvelle petite glace, une nouvelle petite marche avant de s'arrêter dans une salle de billards, en grande partie de billards français. Huoi n'avait pas l'air d'être le maitre de la queue, aussi je préférai me diriger vers un billard américain. A mon grand désarroi, Huoi, était-ce a cause de la bière, ne comprit jamais la premiere règle que j'essayais de lui expliquer, même après plusieurs essais en cours de partie, a savoir que mon but était de rentrer les boules pleines et le sien de rentrer les boules bandées. J'abandonnais l'idée de lui parler des autres règles ou de la boule 8 noire que je rentrais à la fin, comme si c'était une de des miennes, chanceux que celle-ci soit pleine.
Huoi n'avait pas l'air spécialement en forme, mais il décida qu'il était temps de boire une autre bière, encore une fois achetée au supermarché.
Apres cette nouvelle quantité d'alcool, comme je l'avais deviné, Huoi était complètement ivre, prouvant définitivement que ce n'était pas un alcoolique non plus. Et les comportements qui allaient avec son état: marche maladroite et peu droite, chemin de retour choisi 3 fois plus long que celui de l'aller (je me suis même demandé si on allait dans la bonne direction), agissements étranges comme le fait de s'asseoir au milieu de la chaussée pour se reposer ou de faire des exercices d'étirements, etc...
Finalement, nous atteignîmes l'hôtel, et Huoi partit se coucher. Il était 23h30. J'avais passé une bonne soirée. Pas ce que j'imaginais, mais originale. | En bonus, un fichier mp3: cliquez ici |
| Sollicitations et marchandage, posté le 2006-12-12 05:27:15
| J'aimerais apporter une petite précision sur les sollicitations des marchands, rabatteurs, conducteurs de taxi et autres. Certaines personnes m'ont fait remarquer qu'ils n'avaient pas été tant dérangées que ca, excepté a certains endroits (entrées des lieux touristiques et gares principalement). Voila quelques raisons qui peuvent expliquer pourquoi j'y ai été plus sujet que d'autres:
- je voyage seul, ce qui implique que je suis une cible plus facile, car c'est du "un contre un" et, de plus, je suis rarement occuper à discuter avec un compagnon (ou compagne), ce qui me rend très accessible.
- je suis jeune, donc certaines propositions reviennent plus fréquemment, comme par exemple si je désire acheter de la drogue, de l'alcool, internet, etc...
- je suis un homme, ce qui rajoute les propositions malsaines
Un tout autre sujet, celui du marchandage. Pourquoi marchander? Apres avoir vu quelques personnes s'offusquer que l'on puisse marchander pour quelques euros alors qu'on est riche comme Crésus quand on arrive dans ces pays a la monnaie faible, j'aimerais apporter quelques précisions:
- dans certains pays, marchander est culturel, cela fait partie de la tradition et parfois même certains peuvent s'offusquer s'il n'y a pas marchandage.
- ne pas marchander, c'est afficher davantage sa richesse et donc souligner la pauvreté de l'autre
- si on ne marchande pas, les prix vont incontestablement augmenter pour les étrangers, rendant non seulement la vie plus dure aux petits budgets, mais cassant également l'économie du quartier
- il en découle que les étrangers seront une cible privilégiée et subiront d'avantage d'acharnement et de sollicitation... |
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