Carnet de voyage, 106 messages



Extrait de carnet de voyage, Vientiane, mardi 16 janvier, , posté le 2007-01-24 13:44:54

Afficher en taille réelleCe midi, je suis allé manger au marché.
C'est au milieu des allées et des magasins que se trouvent les étals des restaurants. Sous un toit en tôle, quelques bâches en plastique ou en tissu usé. C'est la que s'alignent des petites tables pour 4, couvertes de nappes aux motifs vieillots, et autour desquelles gisent chaises et tabourets d'extérieur.
Autour, de vieux barbecues, dont la couleur et l'état font penser qu'ils ont brûlé dans un immense brasier avant d'atterrir ici, accueillent brochettes, poissons, poulets, nems et autres...
Et puis il y a les cotés cuisine, avec les empilements de casseroles, assiettes et verres, ainsi que de grosses ou petites marmites entourées de tas de nourriture, légumes, épices, fruits et viandes, tandis qu'au sol, des glacières oranges attendent patiemment qu'on s'occupe d'elles.
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On revient aux tables. Sur celles-ci, de vieux pichets d'eau semi transparents, des bouteilles d'assaisonnement, des bocaux de baguettes et des rouleaux de papier toilette servant de serviettes.
Plus loin, on peut apercevoir un coiffeur, un stand d'ustensiles de cuisine, un autre de CDs, vraisemblablement des copies, puis des vêtements, des produits de beauté...
A tout cela, on rajoute quelques ventilateurs silencieux accrochés aux poteaux métalliques qui supportent la tôle et les toiles. Ils semblent tourner au ralenti, comme si le temps prenait son temps, peut-être du au contraste avec l'agitation autour.
Car a toutes ces choses inertes, il faut rajouter ce qui les fait vivre: les nombreux commerçants qui s'activent derrière leurs plans de travail de fortune ou leurs fourneaux, les clients venus acheter qui défilent dans les étroites et sales allées de ciment délimitées par le reste. Et puis il y a ceux, comme moi, qui sont assis et qui contemplent le brassage autour d'eux...
La dernière touche à ce tableau, ce sont les quelques rayons de soleil qui percent a travers les trous et les espaces...
Et voila, la, c'est la scène de tous les jours, une scène de vie comme on peut les aimer ou les détester, selon le regard qu'on y porte...

Chose et autre, laos, posté le 2007-01-15 11:03:21

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Afficher en taille réelleBon, 15 janvier, vous vous dites, le gars, il vient d'arriver a Vientiane, il doit encore faire le Laos du Nord, passer au Viêt-Nam, le descendre et tout ça avant le 2 février, date de son vol de Ho Chi Minh a Auckland... Donc le gars, il a fait en gros, la moitié de sa boucle en 45 jours, comment il va faire pour faire l'autre en 15 jours ?!!! Bon, en tout ça, si vous ne vous posez pas la question, moi, je me la pose...

Un autre sujet. Mes photos, c'est beaucoup de paysages. Peu de portraits. Vous vous rappelez cette magnifique petite fille que j'ai croisé en Inde et qui rien qu'avec son sourire m'a rendu heureux pour la journée. Et bien, il y en a des personnes comme cela, un peu partout d'ailleurs.
Et cette fois-ci, au Laos, je vais vous en faire profiter...

Extrait de carnet de voyage, Tad Lo, plateau des Boloven, jeudi 11 janvier, laos, posté le 2007-01-15 10:53:07

Afficher en taille réelleTassés a 4 a l'arrière d'une vieille voiture, c'est comme cela que Martine, David (français), sa compagne Maria (suédoise) et moi avons quitté Ban Lung pour rejoindre Stung Treng. A l'avant 4 locaux et un coq. A l’arrière, il nous fallut un petit moment pour déterminer lequel des 4 conduisait vraiment (on avait quand même éliminé le coq des possibilités)...

Puis départ pour la frontière en bus, passage assez facile du poste frontière cambodgien, le douanier n'insistant pas suite à notre refus de payer un dollar de "frais de fonctionnement". Puis notre petit groupe, au nombre de 6 maintenant (les 4 précédents auxquels s'étaient rajoutés un second David, suisse italien, et Caroline, norvégienne) marcha quelques 500m avant d'atteindre le poste laotien. Mais cette fois-ci, le douanier se montra moins conciliant face a notre refus de payer et retourna se coucher dans la cour a arrière de la petite cabane... Autant le tampon de sortie du Cambodge n'était pas très important, autant le tampon d'entrée au Laos peut avoir une certaine utilité par la suite... Nous décidâmes d'un commun accord de tenter le coup du squat. Et c'est ainsi que nous nous installâmes à ses cotés, buvant quelques verres de thé et d'alcool de riz, et partageant quelques bonbons gentiment offerts par Maria. Apres avoir échoué dans notre volonté de jouer les dollars à la pétanque avec quelques amis du laos qui se trouvaient là également, puis dans nos négociations pour faire baisser le prix, nous nous résolûmes a payer après une bonne demi-heure (après tout, ce n'était qu'un dollar, mais c'était pour le principe...).
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Maintenant au Laos, la nouvelle difficulté était qu'aucun bus ou tuk-tuk n'attendait pour nous conduire plus loin, sachant que le prochain village se trouvait a quelques 10 Kms et que l'endroit ou nous désirions aller, Don Det, a plus de 25 kms. En fait, il y avait un bus. Mais il était destiné à un autre groupe de touristes qui arriva une demi-heure après nous (et si vous suivez, qui passa donc la frontière laotienne en même temps que nous). Le chauffeur de ce bus nous demandait a chacun 7 dollars, soit le double du prix normal. Il fut impossible de négocier, même après un blocus d'un quart d'heure. Pour ma part, j'étais prêt à marcher mais d'autres l'étaient moins, comme notre ami suisse italien qui ré-ouvrait systématiquement la porte coulissante du mini-bus quand le chauffeur la fermait. Au final, nous les laissâmes partir...
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Une grande partie de notre non-amitié allant au douanier, au chauffeur et a l'autre groupe de touristes qui n'avait jamais essayé de nous aider et nous avait même ignoré avec dédain, il nous fallut bien compenser et c'est ainsi que notre groupe de 6 devint un groupe soudé de camarades dans la même merde, marchant sur une piste de terre déserte...

Déserte jusqu'a ce que, au bout d'une demi-heure, un convoi de plusieurs pick-up (tiens, des Toyota!) quasi-neufs, avec a leurs bords de riches laotiens souriants -officiels, truands, joueurs, industriels, qui sait?- nous prit volontiers en stop. Et c'est ainsi, a arrière des pick-up, un peu secoués, un peu trempés par une courte averse, que nous atteignîmes avec soulagement et gratuitement la rive en face de Don Det (qui est une île au milieu du Mékong).

Il y a des journées qui sont faites pour être longues, et cette fois, c'est la "Mama" responsable des pirogues qui essaya non seulement de nous arnaquer sur les prix mais refusa obstinément de nous faire un prix de groupe (nous étions pourtant 9 maintenant). Squat, alcool de riz, discussion, etc...

Finalement, nous atteignîmes cette île paisible et les liens d'amitié s'étaient créés. Les 6 s'installèrent dans une même guesthouse et c'est ainsi que nous passâmes 4 jours sympathiques, en partie ensemble, à commencer par une fête le soir même, pour l'enterrement de la mère du chef du village. Une belle fête comme on les aime, une fois passée les quelques minutes d'égarement (typiquement dues a notre origine occidentale) lorsque l'on apprend que c'est un enterrement...

Extrait de carnet de voyage, Ban Lung, jeudi 4 janvier, laos, posté le 2007-01-15 10:18:43

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Afficher en taille réelleAvant-hier, Martine et moi sommes partis pour un trek de 3 jours dans la jungle

La jungle, c'est des plantes immenses, qui font penser que votre taille a été réduite d'un coup par 4. Une végétation dont on a du mal a distinguer quelles sont les parties qui montent et celles qui descendent. Des arbres géants, qui s'entrelacent parfois comme 2 amoureux, des lianes énormes qui se croisent, se balancent, des feuilles d'un vert trop intense, contrastant avec un lit de feuilles mortes, qui rend la marche bruyante et glissante. Et puis il faut enjamber, esquiver, se baisser, écarter...
Quand on dit que la jungle est dangereuse, on s'imagine les araignées, les bêtes sauvages, les serpents à l'affût, on imagine la faune. Mais une fois a l'intérieur, c'est bien la flore qui se montre la plus hostile. Vicieuse. Combien de crocs-en-jambe? Combien de lianes ont essayé de me faire tomber? Combien d'arbustes ont essayé de m'agripper? La jungle et ses épines m'ont dérobé 4 fois mon chapeau. J'ai du batailler ferme pour le récupérer a chaque fois...

Mais ou était-il donc?, cambodge, posté le 2007-01-15 10:00:50

Afficher en taille réelleBon, bonne année et le tralalère a tous, merci pour tous vos messages durant ces fêtes, que je n'ai bien évidemment pas vécues de la même façon que vous.
J'ai pris un peu de retard dans mes récits en ligne et je vais tenter de rattraper tout cela.

Je suis retourné à Phnom Penh pour Noël. Il existe un quartier dans cette ville tout particulièrement réservé aux routards. Hôtels bon marché, internet, librairie, restaurants... On rajoute une immense salle commune dans l'hôtel, terrasse sur pilotis donnant sur le lac, billard, TV, home-cinéma, hamacs et fauteuils, tout ce qu'il faut pour se sentir bien. C'est la que j'ai passé Noël.
Noël n'est pas franchement fêté au Cambodge. Chaleur, ayant pour conséquence l'absence certaine de neige, pas de sapin (et ou est-ce qu'on irait les chercher, hein?), pas d'ambiance de Noël, pas de furie commerciale (même pas un petit sursaut), ce qui fait que, a part la date, rien ne m'a rappelé que, en France, les familles se retrouvaient, joyeuses, ensemble. Tout ça pour dire que vous ne m'avez pas plus manqué que d'habitude (bien que certains mails qui m'ont été envoyés m'ont franchement touché).
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Par contre, les cambodgiens de l'hôtel ont profité de la petite occasion de Noël pour fêter un anniversaire (pourquoi pas après tout), le 25 au soir. Et les guesthouses d'a coté ont fait de même, le 24 ou 25 au soir selon... Voila comment s'est donc déroulé mon Noël, au milieu de pistes de danse improvisées sur les terrasses des guesthouses, au rythme de la musique plus ou moins locale, au milieu de khmers déchaînés et de quelques routards égarés par ici pour Noël, tout comme moi, tout cela accompagné de bière plus ou moins gratuite. Pour rappeler Noël, un vague sapin artificiel quand même, un remix récurrent de "Jingle Bells", quelques bonnets rouges et pour le 24 au soir une tenue intégrale avec laquelle je me retrouvais étrangement vêtue en fin de soirée (la bière aidant sûrement). 25 degrés en tenue de Père Noël et on comprend pourquoi il ne vient pas par ici : il serait mort de chaud....
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La journée du 26 fut bien différente, car une suisse du nom de Martine et moi-même décidâmes de rendre visite à un orphelinat. Dans un premier temps, nous nous rendîmes au marché pour acheter ballons en mousse et de baudruche, stylos et fruits. Arrivés a quelques mètres de l'orphelinat dans une rue des quartiers moins aisés, nous voila assaillis par des dizaines d'enfants, ponctuant leurs élans de tendresse de "Hello" et de "Thank you".
Il est relativement difficile d'expliquer l'après-midi que nous avons passé avec eux.
Difficile d'exprimer l'énorme quantité de gentillesse qu'ils nous ont donnée et le besoin immense de contact humain dont ils avaient besoin. Jusqu'au soir, nous avons joué avec eux, portant, chantant, courant, bougeant et riant...
Alors que Martine et une autre fille de passage semblaient plus disposer à organiser des jeux calmes, la tour de contrôle que j'étais représentait plutôt un défi d'escalade. Je passais donc plusieurs heures à leur faire faire l'avion, leur faire toucher la guirlande de ballons précédemment confectionnée, les porter sur les épaules, etc... Au début, j'en portais 3 dans le même temps. En fin d'après-midi, usé, lessivé, je ne pouvais plus qu'en porter un a la fois...

Bien qu'il y est plusieurs adultes (une responsable et gérante adorable, un professeur d'anglais très sympathique, une magnifique cuisinière naine, etc...), les plus de 25 enfants s'auto-gèrent la plupart du temps, les plus grands prenant soin des plus petits, tous étant déjà très autonomes.

Je ne sais pas qui, des enfants ou de nous, avaient le plus besoin d'affection. Je ne peux dire lesquels ont été les plus heureux. Ce qui est certain, c'est qu'ils nous ont autant apporté que ce que nous leur avons apporté. Les jeux et les jouets n'étaient eux, qu'un support pour communiquer, partager, s'ouvrir, rire et s'aimer. Il y a tellement de vie chez ses enfants.
J'étais vraiment, bien qu'épuisé, heureux d'avoir donné de mon temps à ses enfants. Je ne me sentais pas mieux, je n'avais pas l'impression d'avoir fait une bonne action, je n'avais pas meilleure conscience, j'avais juste l'impression d'avoir vu la vie de plus près. Et j'avais ri pendant 5 heures. Et ça fait du bien.

Le lendemain, nous y sommes retournés...

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