Carnet de voyage, 106 messages



Extrait de carnet de voyage, Parc National Torres Del Paine, mercredi 18 avril, 1er jour, , posté le 2007-04-26 00:19:12

Afficher en taille réelleAu milieu de la foret enneigée (quelques centimètres seulement), ma tente semble perdue. J'essaye de la réchauffer maintenant, après avoir passé un début de soirée (plutôt une fin d'après-midi par ici) dans un abri de fortune, assis sur quelques rondins, en compagnie d'un français et d'un australien, tous deux trempés et frigorifiés après 4 jours de trekking. Première grande randonnée pour ce français, qui en est content. La prochaine fois, il saura remplacer ses 2 litres de lait et ses 2 litres de jus d'orange (!!!) par des choses plus utiles et moins lourdes...

Il pleut, voire il neige, il fait froid. Beaucoup m'ont dit que j'allais en prendre plein la vue. J'avoue que, pour l'instant, ma vue est restée assez limitée, les nuages ne laissant aucun répit aux randonneurs. Des randonneurs d'ailleurs assez nombreux pour de si piètres conditions, bien que certains, à la vue de leurs équipements, ressemblent plus à des plagistes qu'à des randonneurs. Heureusement pour les moins aventuriers et les plus inconscients, les refuges proposent ici repas, douche chaude, coin du feu, lit, etc... à des prix élevés, pour sur, mais pas si exorbitants pour ceux qui sont en train de mourir de froid et de fatigue...
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Malgré la météo, les paysages sont, ou plus correctement semblent, magnifiques. J'ai cette étrange impression de revivre la Mongolie, avec ces grands espaces vallonnés parsemés de montagnes, cette absence de l'homme (si ce n'est quelques habitations éparses), ce froid vif mais vivifiant, ces cavaliers qui, aidés de leurs chiens agités, conduisent leurs troupeaux de moutons ou de vaches.
En les dépassant en bus, ceux-ci faisaient un petit signe, le doigt levé vers le haut. Peut-être juste pour saluer, ou peut-être pour nous dire "Regarde le ciel, tu vas en prendre plein la face!".

Premiers lamas rencontrés. Pardon. Premiers guanacos (le "vrai" lama descend en fait du guanaco, ce dernier moins gros et qui n'a jamais été domestiqué; et je ne vous parle pas de l'alpaga et du vigogne...). Et quelques flamants roses...
En bonus, un fichier vidéo: cliquez ici

En route pour un nouveau trek, chili, posté le 2007-04-18 04:29:21

Afficher en taille réelle Afficher en taille réellePuerto Natales, Patagonie. Quelques degrés au-dessus de zéro. La neige est visible au loin.
Ici, les grands espaces vous font sentir libre. On a l'impression que dans ces paysages merveilleux, l´homme ne fait que passer, que la ville n'est qu'éphémère. C'est donc dans cette petite guesthouse en bois, qui me font penser aux chalets dans lesquels il fait bon de se retrouver après une journée de ski, que j'ai préparé mon sac à dos, destination le parc El Torres del Paine, peut-être la pluie, en espérant la neige. Conditions un peu exigeantes qui ont l'avantage de faire fuir bon nombre de touristes.

Je suis heureux par ici, libérer de beaucoup des oppressions du monde de l´homme.
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Je crois que j'ai changé. Et pourtant je ne me suis jamais senti plus normal, plus identique à chacun de nous. Je me demande parfois pourquoi certains de vous restent la sans bouger... J'imagine que personne ne se sentira concerner par cette dernière phrase, c'est peut-être pour cela qu'elle est si vicieuse...
Comme dirait une amie très proche, "se contenter n'est pas vivre"...

Allez, j´m´en vais chasser le pingouin!

Extrait de carnet de voyage, mardi 17 avril, Puerto Natales, chili, posté le 2007-04-18 03:58:07

Afficher en taille réelleA l'anglais et à l'espagnol que j'ai rejoints à Valparaiso se sont rajoutés une suissesse et un australien. Ce genre d'australien que j'aurais aimé rencontrer en Australie, comme si les voyageurs se différenciaient de ceux qui restent. Sûrement. Ce genre d'australien qui vous réconcilie avec l'homme, parce qu'il donne de soi, qu'il respire la vie, que son envie de découvrir et partager rayonne. Vous l'auriez vu s'évertuer à commander à la serveuse dans un restaurant, mélangeant les mots "quisiera" (j'aimerais) et "queso" (fromage), mais continuant d'argumenter, de sourire, en agitant les mains et accentuant ses phrases comme s'il était italien, pour une raison qui reste encore un mystère, n'ayant pas d'origine latine et ne se comportant pas du tout comme cela lorsqu'il parle en anglais... Voila ce genre d'homme merveilleux, celui qui va vers les autres, sans complexe, sans peur du ridicule, même avec un espagnol désolant (mais qui rien qu'en 3 jours, s'est largement amélioré), celui qui oublie ses origines, sa fierté, sa tenue, parce que cela ne sert à rien ici. Et surtout celui qui, par sa douce folie et son énergie, sait rire avec les gens et non des gens...
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Nous avons passé une excellente soirée à Valparaiso, au milieu d'un anniversaire et d'une auberge de jeunesse vivante et accueillante, tout cela pour finir en boite, un petit peu attaqué. Suffisamment en tout cas pour que j'y perde mon polaire (tout comme la suissesse d'ailleurs...).

Quant à Valparaiso, ce n'est pas vraiment la petite ville côtière que l'on imagine avant d'y arriver, mais une nuée de maisons de toutes les couleurs qui se ruent de la mer vers les sommets proches des basses montagnes environnantes. Ces maisons sont tellement nombreuses qu'elles se marchent dessus, tandis que des escaliers pentus essayent de se frayer des chemins entre leurs murs. Un bus, un peu essoufflé, tente de doubler tout ce petit monde avec la complicité de la route qui zigzague comme elle peut. Mais c'est déjà trop tard, les premiers bâtiments, roses, gris, jaunes, bleus, ont déjà atteint les hauteurs, et le vert de la nature n'est déjà plus qu'un lointain souvenir...

Extrait de carnet de voyage, mercredi 11 avril, Santiago, chili, posté le 2007-04-13 02:31:22

Afficher en taille réelleJ'ai l'impression d'être parti une seconde fois en tour du monde. Comme si la Nouvelle-Zélande et l'Australie avaient été un retour aux sources. Comme si j'avais trébuché sur quelque chose lors de ma marche vers la découverte du monde.

Escale à Auckland, 17h00 heure néo-zélandaise. Une dizaine d´heure après, j'arrivais quelques heures avant. Le lendemain j'atterrissais le jour même Quel plaisir d'écrire des phrases grammaticalement fausses mais pourtant correctes...

Je vois les jours passer sans pouvoir les retenir. Plus que trois mois. C'est-à-dire bien peu de temps pour convaincre les indécis des bienfaits d'un long voyage!

Santiago n'est sûrement pas la plus belle ni la plus agréable des villes, mais je suis content de retrouver un monde qui m'est étranger et dans lequel je me sens étranger. Comme si le fait d'être un peu perdu, de voir disparaître bon nombre de ses repères, me redonnait des ressources, cette envie d'observer, regarder et découvrir.
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Mon espagnol est ridiculement mauvais mais j'ai la forte impression qu'il va s'améliorer.

Et puis les contacts avec les autres routards retrouvent de leur vitalité. Les distances trop souvent trouvées en Australie et en Nouvelle-Zélande tombent.

Hier, première soirée, je me suis retrouvé chez un chilien en compagnie de son ami espagnol rencontré un peu plus tôt et d'un anglais. Discuter, apprécier la différence, tout cela autour d´une petite dégustation de pisco. Chanter le monde, bredouiller son espagnol, apprendre les ficelles du pays. Retrouver les arnaques à occidentaux, un certain instinct de survie, ses yeux d'enfants, et voila comment du jour au lendemain un nouveau voyage commence, dans une autre partie du monde...
En bonus, un fichier mp3: cliquez ici

Extrait de carnet de voyage, Manly, dimanche 8 avril, chili, posté le 2007-04-13 02:14:50

Cette nuit, je suis allé voir la mer. La foule du dimanche de Pâques s’était effacée, seuls quelques rares passants marchaient encore sous les lumières blafardes de la ville. La nuit avait fait son travail, et le calme était revenu.
La mer m'a chuchoté des choses. Au rythme des vagues. Quelquefois je ne sais pas si elle me chuchote ou si elle me gronde. La mer, c'est comme un très vieil ancêtre. Bien plus âgée que l'humanité, elle a vu défiler maints événements que nous ne soupçonnons pas. Elle en sait des choses, de notre histoire, des hommes, et du temps. Et ce qu'elle n'a pas pu voir, loin des côtes, ce sont les gouttes d'eau, ses messagers fidèles et infatigables qui se faufilent dans chaque parcelle du monde, qui le lui ont rapporté... Alors, quand elle chuchote, il serait peut-être sage de l'écouter.
Mais voila, nous les hommes ne sommes que de petits enfants sur cette terre. Et chacun sait que les enfants n'écoutent pas toujours les parents. Encore moins les grands-parents. Alors qu'en est-il d'un très vieil ancêtre?
Si vous avez l'occasion d'écouter la mer, essayer de comprendre ce qu'elle aimerait vous dire. Il est probable que vous n'entendrez que ce que vous désirez entendre. Mais dans ces flots de paroles, peut-être saisirez-vous des mots sages, une vérité de ce monde ou une parole rassurante...
Ecoutez...

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