Carnet de voyage, 106 messages



Extrait de carnet de voyage, vendredi 16 février, Taupo, , posté le 2007-02-24 06:15:15

Afficher en taille réelleMes amis sont arrivés comme prévu le dimanche. Les premières minutes sont un peu étranges, comme si j'étais un peu anesthésié, mais très rapidement les automatismes sont revenus. Et bientôt, c'est comme si je les avais vu hier. Ca me fait plaisir qu'ils soient là.
La Nouvelle-Zélande ajoutée à la présence de mes 3 potes font ressurgir au grand galop mes pensées et agissements occidentaux. C'est effrayant. C'est comme si un bout de France était arrivé jusqu'a moi et avait pour ainsi dire fait un peu se terminer mon voyage. J'ai la douce et désagréable impression de ne plus être dans mon tour du monde mais en vacances...

Néanmoins, je profite de la présence de Gilles (ou Gillou), Manu (ou Action) et Edith. Une petite journée à vélo sur une île au large d'Auckland. Apparemment, le bon air du monde est meilleur que celui de la routine, j'ai la forme!
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Puis nous voilà partis pour un long périple en voiture. A moi d'étrenner la voiture: conduite à gauche, en tongues, sachant que cela fait 6 mois que je n'ai pas conduit. Rien de plus marrant!

En dehors des paysages variés et merveilleux de la Nouvelle-Zélande, c'est potes, bière et belote.
A Rotorua, zone volcanique ou les sources chaudes et fumeroles abondent, petit tour dans la piscine à 40 degrés, accompagné de 25 américains en semaine d'intégration avant un semestre d'études en Nouvelle-Zélande. Un bel attroupement de post-adolescents immatures qui ont encore tout à découvrir (particulièrement ceux qui viennent des trous perdus des Etats-Unis), mais sympas. C'est la que l'on s'aperçoit que l'on a vieilli depuis la dernière fois, avant de se demander à soi-même ce que l'on entend par dernière fois?
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Le lendemain, parcs volcaniques, pique-nique sur les bords d'un lac, et un Zorb en fin après-midi Un Zorb?! Qu'est-ce que ce? Cela consiste à dévaler une colline à l'intérieur d'une double sphère en plastique, l'espace entre les deux sphères étant maintenu par des ficelles et servant à amortir les chocs. Dans la boule intérieur, les passagers, Gillou et moi-même par exemple, et un peu d'eau pour éviter les échauffements. Franchement marrant, mais pathétiquement chèr pour la sensation proposée. Paradoxalement, hilarant mais décevant. Un petit échauffement avant l'activité prévue pour le lendemain.

Et le lendemain, à Taupo... Ciel dégagé. Dans l'avion, le moniteur s'attache à moi. 9000 pieds. Quelques dizaines de secondes plus tard, il m'enfile mon bonnet et serre mes sangles jusqu'à m'étouffer. 12000 pieds. L'air se fait plus rare, mais pour 3 respirations de mon moniteur, je n'en fais que 2. Je suis donc calme. Le gars derrière est un pro. Le matériel a l'air presque neuf. Je suis serein. Derrière je regarde Gillou et Edith. Ca a l'air de bien se passer. Devant, celui qui sautera le premier, c'est Action... 15000 pieds. 4500 mètres La porte arrière de l'avion s'ouvre. En quelques secondes, j'ai vu Action crier puis disparaître à travers l'encadrure de la porte. La pression monte. La peur n'est pas présente. Le petit avion a lutté contre la gravité pour nous emmener à cette hauteur. A nous maintenant d'adhérer complètement à cette gravité. En un instant, on passe de l'espace oppressant de la cabine de l'avion à l'immensité du ciel. Fantastique. Adrénaline et bonheur. Si le corps peut se sentir bien dans l'eau, il est tout autant à l'aise dans l'air. Une accélération naturelle, et un panorama exceptionnel! Une ivresse bouleversante. Et le sol qui se rapproche... Quelle vue! Quel pied!
Puis un premier ralentissement suivi d'un deuxième. La voile s'est dépliée. Déjà. 60 secondes de chute libre, c'est bien trop court... Alors le moniteur se décide finalement à me donner la trouille qu'il n'avait pas réussi à me refiler avant. Et commencent les virages serrés, très serrés. Jusqu'a ce que j'aperçoive la voile un peu en dessous de moi. Inquiétant. Excellent. Encore une fois du bonheur. A la différence du parapente, la chute vers le sol est plus rapide et c'est bientôt l'atterrissage.
Une seule envie: recommencer!
Une pensée parmi tant : le Zorb, c'est pourri!

Extrait de carnet de voyage, mercredi 6 février, 2eme jour de randonnée, campement de Ketetahi , nouvellezelande, posté le 2007-02-10 09:32:52

Afficher en taille réelleExténué. Epuisé. 6h30 de marche. Heureusement encore du soleil (et quelques nuages) malgré les prévisions plus pessimistes.
Ma première journée était effectivement plate comparée à la première (et ce dans tous les sens du terme). Paysage vraiment spectaculaire aujourd'hui.

Départ à 7h00. Je ne suis pas le premier à partir mais je précède l'arrivée des randonneurs d'une journée, une bonne chose car ils sont nombreux sur cette zone-là (et c'est compréhensible!).
Echauffement en douceur avec un plat montant, une petite rivière a gauche et quelques vieilles coulées de lave a droite. Puis cela devient plus sérieux, 400m de dénivelé costauds, sans compter mes 25 kilogrammes sur le dos. Vivement que je mange et boive pour m'alléger...
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Devant moi, le volcan Ngauruhoe, encore actif. Un avertissement est affiché sur le danger de descendre dans le cratère. Encore faut-il arriver au sommet, c'est-à-dire 700m plus haut. Peu de monde tente l'escalade. Un volcan comme celui-ci, presque un cône parfait, il n'y a pas beaucoup de façons de l'aborder. Tracer dans la pente, qui doit frôler les 60 degrés, voila la meilleure, l'adhérence laissant largement à désirer si on tente de marcher en biais...
Apres avoir déposé mon sac a dos et garder seulement le minimum, je m'attaque à la montée, en suivant deux jeunes dans les gravas volcaniques. Un pas de 50 centimètres et on redescend de la moitié, effet "roulement a billes". C'est décourageant, relativement lent, terriblement épuisant, physiquement et moralement. Sauf que. Sauf que j'aperçois sur ma gauche, des randonneurs partis dans le même temps que moi, qui sont déjà 50 mètres plus haut. Apparemment, tous les chemins ne sont pas identiques. Le leur suit une massive coulée de lave qui a du laisser des rocs plus gros et plus stables, et réduire la proportion de gravillons et de sable.
Sauf que. Sauf qu'entre temps, je m'étais progressivement décalé de l'autre coté, vers la droite, simplement pour éviter les éventuelles chutes de pierres de mes prédécesseurs (que j'avais maintenant doublé). Rejoindre le meilleur chemin, en traversant latéralement, m'aspira bonne quantité d'énergie. Glisser, prévenir le glissement, réagir, retenir, pas de repos pour les muscles... La douleur commençait à s'insinuer doucement. Déjà.
En atteignant le nouveau chemin, il s'avéra en effet plus facile de progresser.
Malgré cela, c'était vers le ciel une ligne droite interminable... Et au 3/4 du parcours, arriva le coup de barre. Une bonne excuse pour faire la pause, se nourrir et surtout observer la vue. Extraordinaire. Extraterrestre devrais-je dire. Un paysage lunaire. Là, à mes pieds.

Finalement le sommet, après une heure et demie d'ascension. Souffle un vent glacial qui pénètre les vêtements, quand soudain, de l'air chaud me claque au visage. Les rochers aux alentours dégagent une douce chaleur et de la vapeur d'eau en coule. Certaines parois sont même bouillantes donc dangereuses. Voilà pour le cratère extérieur. Je descends à l'intérieur, et apparaît la neige. Froide, paradoxale. Remontée sur le cratère intérieur (celui dans lequel il ne vaut mieux pas descendre). 50 mètres de profondeur. Rouge. Au fond, tout à l'air calme aujourd'hui. A l'air. En face, le mont Ruapehu. Sa dernière éruption était en 1996. Pour ainsi dire il y a seulement quelques micro-secondes à l'échelle géologique.

L'enfer. Ici, juste la. Ou comme si. Le vent violent, le froid fouettant, la neige. La chaleur brûlante, le feu, la lave. Du rouge. Du noir. Et de la pierre, désolante, unique vision, offrant aux yeux une répétition hypnotisante pour y perdre son âme...

Une heure au sommet et il était temps d'entamer la descente. Encore une fois, je prenais le mauvais chemin. Celui par lequel j'étais arrivé. Erreur. La première raison étant les chutes de pierre provoquées, un vrai danger pour ceux en dessous (il est d'ailleurs désolant de voir que certains inexpérimentés n'y faisait pas attention). La deuxième, trop lent. Cette fois, la mauvaise voie pour la montée devenait la meilleure pour la descente. Du marcher-glisser. Pour un pas, c'est un mètre de descendu. En 700 pas, j'arrivais en bas. 10 minutes. La technique est simple. On pose le pied et on reste dessus à déraper jusqu'a ce que sa course s'arrête. Alors le deuxième pied levé bien haut est prêt à prendre le relais. Ne pas oublier de fléchir légèrement les genoux pour le cas ou le pied rencontrerait un obstacle récalcitrant à votre glissade. Rapide et amusant!

Entre-temps, presque tous les randonneurs d'une journée avaient défilés (il faut dire que beaucoup ont des impératifs d'horaires pour les bus). Calcul parfait.

La suite, ce fut encore 300m de dénivelé montant, des cratères aux couleurs surprenantes, des déserts de sable, de lave ou de roche, une petite baignade dans un lac écarlate (malgré les jets de vapeur aux alentours, la température ne devait pas dépasser 12 degrés!)...
De la Lune, on est passé discrètement à la vision de Mars, pour plus tard revenir (malheureusement) sur Terre...
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Extrait de carnet de voyage, mardi 6 février, Parc National de Tongariro, campement de Mangatepopo, nouvellezelande, posté le 2007-02-10 08:44:46

Afficher en taille réelleMe voila embarqué dans un trek de 4 jours, le "circuit nord" du parc national de Tongariro (le 4ème plus vieux parc national au monde, établi en 1887), parsemé de volcans (dont certains encore en activité) et de vallées glacières. Faisant même partie du patrimoine mondial de l'UNESCO.
Les monts sont relativement espacés, la hauteur et l'escarpement ne sont pas comparables avec les Alpes françaises, mais déjà lors de la première journée, supposée la moins intéressante, les paysages et l'environnement m'apparaissent délicieux: végétation colorée et atypique (au moins pour moi), cours d'eau magiques et au loin, puis plus près, de majestueux volcans, pierre noire ou rouge qui tente de résister a l'assaut de la végétation quelquefois, ou qui l'a complètement annihilée d'autres fois...
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Encore une fois, petit décalage occidental avec l'Asie. Formulaire a remplir digne de ceux de la douane américaine - Ou allez-vous? Que transportez-vous? Avez-vous une pharmacie? De la nourriture en plus? Où dormez-vous? -. Seuls certains lieux de campements sont autorisés, toujours à coté d'un refuge. La chose est complètement compréhensible et j'en suis même partisan. Contrôler l'homme pour préserver la nature me parait sensé. Le prix de 8 euros est un peu excessif, bien qu'on ait le droit d'utiliser toutes les facilités des refuges (tables, bancs, poêle, eau, toilettes, gaz). Le prix est a peine moins cher pour celui qui dort dans le refuge. Mais la, c'est s'exposer aux bruits, odeurs et ronflements des autres. Je choisis la tente pour cette fois.

Cela reste quand même étonnant de voir la façon dont on est surveillé, traqué, assisté... A chaque refuge, il faut réitérer ses intentions de parcours et d'arrêt! Quelquefois, on aurait dit une mauvaise blague: "Alors c'est un mec qui passe 6 mois en Asie, il arrive en Nouvelle-Zélande... Et alors on lui dit de ne pas boire l'eau claire et pure des cours d'eau, au risque d'avoir la diarrhée. Hahahaha!"
D'un autre coté, même avec les cachets d'épuration de l'eau, j'ai évité l'eau des rivières et torrents, car (trop) chargée en minéraux. A priori pas dangereux à cours terme mais sait-on jamais!

Pour en revenir aux services disponibles pour les campeurs dans les refuges, j'ai trouvé que s'en servir faisait perdre quelques bouts de magie du bivouac, qui vous font l'adorer mais parfois le détester: le nettoyage à l'eau gelée, voire dormir dans sa crasse quand le manque d'eau vous empêche de vous laver, l'allumette qui refuse de s'allumer, le vent qui souffle sur le gaz et empêche la casserole de chauffer, la petite herbe qui vous gratte la fesse quand vous allez vous soulager, etc, etc...
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Extrait de carnet de voyage, lundi 05 février, bus vers Taupo, nouvellezelande, posté le 2007-02-10 08:16:16

Départ à l'heure pile, prix fixe, bagages étiquetés, voyageurs listés.
Les sièges sont confortables, le sol est propre, les vitres sont claires, le bus est comme neuf.
Interdit de fumer. Interdit de ramener de la nourriture chaude (frites, hot-dogs...), trop tachant et trop odorant (il ne faudrait pas incommoder les autres passagers). Pas de boissons sucrées sans bouchon à vis. Encore une fois pour éviter de salir malencontreusement.
Pas de karaoké ni de film d'arts martiaux ou/et d'amour impossible. Fond musical à peine audible.
Ceinture à attacher sous peine d'amende (la seule règle pas vraiment respectée).
Des routes asphaltées. Pas de klaxon. Des clignotants utilisés.

Un monde de décalage. Difficilement comparable. Seulement des priorités différentes au niveau des libertés accordées... Il n'y a rien à juger ici (pas plus qu'ailleurs de toute façon).

Extrait de carnet de voyage, dimanche 4 février, Auckland, nouvellezelande, posté le 2007-02-10 08:06:21

Afficher en taille réelleRetour au monde occidental.

Trois amis me rejoignent dimanche prochain pour ce bout de voyage en Nouvelle-Zélande. Peut-être une bonne chose quand je me rends compte que je commence à parler tout seul. Premiers signes de folie pour un homme (chez la femme, chacun sait que c'est une déviation normale...)?

Deux jours passés dans les avions et aéroports, ajouté aux 5 heures de décalage, et le Viêt-Nam est déjà loin... Une étrange impression de retourner aux sources, chez moi. Mais un chez-moi qui ne m'appartient plus, comme si je connaissais l'emplacement des choses, le déroulement des choses mais que je ne pouvais y accéder naturellement. Non pas du au fait que je sois en Nouvelle-Zélande et non en France, mais seulement la conséquence de 6 mois passé en Asie, même si davantage en tant qu'observateur qu'en tant qu'acteur. A l'évidence cette période à suffit à transformer, au moins à dévier mes pensées et comportements.
Par exemple, me voila choqué par deux jeunes qui s'embrassent avec un tant soit peu de fougue.
Les décalages avec l'Asie m'apparaissent comme des points d'exclamation géants qu'on aurait placé dans la ville: des obèses, des fast-foods, des grands et des costauds (plutôt coté Maoris); des politesses, des visages sans vie, des adolescents bien immatures; une facilité de vie, qui, paradoxalement, la rend plus compliqué à appréhender; des "God bless you!" et des "Cheers, man!"; une Rolls Royce de plusieurs mètres; un prêcheur de Dieu...
Et puis, dans les auberges de jeunesse, voila tous ces groupes de néo-zélandais, australiens et autres anglophones, et d'autres occidentaux. Uniquement des occidentaux. Ces groupes-la même que j'essayais de fuir et d'éviter il y a quelques jours. Surtout les cons et les mauvais juges.
Pas facile de retourner dans la culture occidentale tout en essayant de ne pas perdre celle(s) que l'on a juste abordée(s) en Asie...

Malgré tout cela, j'ai pris du bon temps à Auckland, grâce notamment à un festival de spectacle de rue. Acrobates, jongleurs, magiciens, dont les plus grandes compétences sont l'humour, l'éloquence et l'amour du public. Ce dernier ne paye pas pour se faire plaisir. Il paye parce qu'on lui a fait plaisir... Et c'est là tout le mérite du spectacle de rue, d'être "gratuit".
Et les artistes sont forts en cela qu'ils se donnent vraiment, font participer la foule, la font espérer, souvent en exagérant les difficultés, parfois en ratant certaines passes ou tours pour les réussir ensuite et ainsi augmenter notre petite étincelle d'admiration qui brille dans nos regards d'enfants...
En bonus, des fichiers vidéo: cliquez ...là non plus!

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