Carnet de voyage, 106 messages
| Extrait de carnet de voyage, dimanche 4 mars, 3eme jour de randonnée, , posté le 2007-03-11 06:04:54
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Le terme doit être "con comme un balai". Je parle de moi.
Normalement doué d'un bon sens de l'orientation et du repérage, je suis en constante dispute avec le soleil pour savoir ou j'en suis, ceci depuis que je suis arrivé en Nouvelle-Zélande. Il y a souvent contradiction entre la carte et ce que je perçois, et ce sacré bon sang de soleil. Les premières fois, en essayant de trouver les sièges qui seront à l'ombre dans le bus, je me dis que la route n'est seulement pas en ma faveur. Puis, en milieu de journée, je me dis que ma notion du vertical doit être troublée par une éventuelle pente. Ensuite, que j'ai mal saisi l'orientation sur les cartes. Sauf que voila. Hier soir, saisi par l'évidence, ne pouvant plus le nier, j'admets que le soleil se trouve au nord. Et du même coup, que je suis "con comme un balai". Dans l'hémisphère sud ou je suis maintenant, le soleil se lève a l'est et se couche a l'ouest, mais bien sur en passant au nord entre deux et non au sud. Belle bourde pour un semblant de randonneur... |

Séance nettoyage après explosion d'un tube de lait concentré sucré au fond du sac. Pas grand chose de pire, peut-être la barre de chocolat fondue au fond de la poche ou l'ouverture inopinée d'une boisson sucrée... Du même coup, une musaraigne en a profité pour grignoter un bout de mon snickers situé à deux mètres de moi à peine. Celle-ci a réitéré pendant la nuit en venant fouiller dans les sacs de nourriture, au milieu desquels je me suis donc retrouvé pour dormir!
Aujourd'hui temps un peu gris, agréable pour l'aller-retour à Cascade Saddle, col situé a 1500m, avec vue d'un côté sur le glacier Dart et de l'autre sur une splendide vallée, 1000 mètres plus bas, sans aucun obstacle entre celle-ci et le col, la montagne offrant un long et raide précipice jusque-la. Un paysage qui m'a "scotché" pendant plus d'une heure... Malheureusement les nuages cachaient les sommets. |

Quand soudain le vent s'est levé. Assez violent pour déséquilibrer le randonneur non averti et le faire chuter dans les 1000 mètres de vide... Assez violent aussi pour surprendre les nuages, qui ont laisser se dévoiler pendant une dizaine de minutes le Mont Aspiring, le plus haut sommet du coin, plus de 3000 mètres Et tandis que les nuages essayaient de reprendre leur du, le vent les fracassait sur la face nord de la montagne, les faisant valser par dessus, leur donnant cette trajectoire caractéristique que l'on retrouve avec la vapeur que laisse échapper une locomotive a vapeur... |
| Extrait de carnet de voyage, samedi 3 mars, 2eme jour de randonnée dans le parc national du Mont Asp, nouvellezelande, posté le 2007-03-11 05:40:48
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L'avantage de cette randonnée est qu'elle est réservée a ceux qui ont des chaussures étanches ou qui aiment marcher les pieds trempés, bien que le premier cas ne dispense pas du deuxième. Hier, le bas de la vallée nous (randonneurs) a guidé à travers marécages et larges torrents. Après la pluie, paraîtrait-il que l'on peut s'y enfoncer jusqu'aux genoux. Cette fois-ci, au moins pour ma part, cela ne dépassait pas la cheville et je suis resté les pieds au sec. Cela étant, j'ai quand même du déchausser pour un cours d'eau un peu plus large et profond que les autres. Ce genre de cours d'eau infranchissable quand il pleut. Apparemment, tout le monde n'a pas réussi à rester les orteils au sec. Je pense, par exemple, a celui qui me précédait après le déjeuner et que je n'ai pas vu déchausser la ou c'était nécessaire, ainsi qu'au jeune allemand et a l'américaine un peu plus âgée, avec qui je fermais la marche au début (le premier jour, le bus nous dépose tous au même endroit, on en sait donc où en sont les autres). L'américaine, faute à ses chaussures pas assez montantes et l'allemand, faute de patience. M'est avis qu'il vaut mieux perdre quelques minutes a chercher le meilleur passage que patauger dans ses chaussures; en particulier le premier jour, car il n'est jamais évident que ces dernières puissent sécher pendant la nuit (bien qu'en refuge, cela soit plus facile). Elle a bien du courage cette américaine à la cinquantaine avec ses vieilles chaussures et son sac à dos des années 70, à la forme cubique plutôt que longiligne, tenu sur le dos par de grosses armatures métalliques extérieures entre lesquelles est tendue une toile! Heureusement, la voila aidée de cet allemand. |

Encore aujourd'hui ils arriveront probablement 2 heures après les derniers (ou les avant-derniers du coup). Mais après tout, chacun son rythme. Heureusement le temps est au beau fixe...
Car aujourd'hui encore, le chemin, suivant le haut de la vallée pour redescendre dans une autre, aurait pu être encore une fois impraticable en cas de pluie, à marcher plusieurs mètres dans des ruisseaux, à escalader des pentes de terre déjà ramollie, et à traverser certains torrents qui ne tarderaient pas à quadrupler de volume sous un orage. Dans ces cas-là, mieux vaut être patient et attendre la fin de l'averse (en espérant qu'elle arrivera avant la nuit), les cours d'eau devant retrouver une taille quasi-normale moins de 20 minutes après |

Tout le monde sait que les moustiques sont une plaie pour le randonneur. Est-ce la saison ou l'altitude, ils ne se sont pas montrés pour l'instant. Malheureusement, ils sont ici remplacés par pire. Les "sandflies" (traduisez "mouches de sable"). Qu'ils ventent, qu'ils pleuvent, qu'ils fassent froid ou chaud, qu'ils fassent sombre ou plein jour, elles sont la. Des charognardes. Si vous étés en mouvement, aucune ne se montre. Mais arrêtez-vous quelques instants pour manger une barre, et en quelques secondes les voila a tourner par dizaines. Chaque membre inactif est des lors une cible pour cette minuscule mouche noire de quelques 2-3 millimètres. Et une fois que le sang a commencé à être aspiré, plus rien ne peut la faire s'envoler, bouger ou s'arrêter, et elle vous sucera méthodiquement et calmement jusqu'a ce que la pression de votre doigt ne l'écrase...
Tout comme les moustiques, seules les femelles piquent. Tout comme les moustiques, il est déjà trop tard quand vous sentez la douleur. A la différence des moustiques, les sprays répulsifs sont d'une efficacité très réduite... |
| Poésie, nouvellezelande, posté le 2007-03-11 04:46:34
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Le Mont Cook en ce clair de soirée,
Fort de sa taille et de son immensité,
N'hésite pas a venir narguer la Lune,
Et ceci sans retenue aucune.
Il se targue d'être le plus haut,
De voir au loin les monts et les eaux.
La Lune de répliquer:
"Mon jeune ami vous voila bien prétentieux
Sur! D'ou je suis, votre cime atteint les cieux,
Mais vous êtes aussi balourd qu'un éléphant,
Pour ma part, aussi légère qu'un cerf-volant,
Deux-trois coups d'ailes et me voila bien au-dessus,
J'aurai vite fait d'en voir bien plus."
Le Mont Cook gronde et vire au rouge,
Sans pour autant que la Dame ne bouge:
"Si vous voila si forte pour décoller et vous envoler,
Pourquoi ne pas tout de suite me le montrer?"
La Lune de remarquer que les jeunes sont toujours pressés:
"Patience mon enfant, un peu de compassion pour mes vieux os usés,
Laissez-moi donc le temps de m'élever!"
Force est de constater que quelques instants plus tard,
La Lune plane bien plus haut que notre ami vantard:
"Non seulement d'ou je suis je vois les mers et le pays,
Mais tout en bas, vous avez l'air si petit!"
Et le Mont Cook de se changer en rose amer,
Ehonté comme un enfant disputé par sa mère... |
| Spécial dédicace a Edith, Manu et Gillou, nouvellezelande, posté le 2007-03-01 07:26:35
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Juste pour les remercier d'avoir choisi de me rejoindre dans le pays de mon tour du monde le plus éloigné de la France. Un choix sûrement durement réfléchi (il paraîtrait que ça s'est fait devant quelques verres d'alcool, mais bon...).
Et même si cela a changé un peu ma façon de voyager, cela n'a pas perturbé la quantité horaire de bons moments passés et de bonheurs accumulés. C'est à refaire!
J'en profite pour vous dire d'acheter "Henaff", le seul vrai pâté de porc industriel, fabriqué au coeur de la Bretagne, à emporter partout avec soi, le premier élément du kit de survie... Ca va, j'ai bon Manu?
Je joins une petite photo de Gillou, qui n'a pas perdu son âme d'enfant et une petite musique d'ambiance, pour que tout le monde sache les nuits de folie que l'on a passé, avec DJ Manu à la sono! | En bonus, un fichier mp3: cliquez ici |
| Beauté et urgence, nouvellezelande, posté le 2007-02-24 06:45:28
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La Nouvelle-Zélande a cet éventail de types de paysage qui peut faire rêver... Des collines vertes aux aires volcaniques, des forets tropicales aux prairies de pâturage, des plages de sable aux montagnes enneigées, des baies paradisiaques aux fjords encaissés, la Nouvelle-Zélande est un pays magnifique.
Nous avons continué notre petite route. Hélas, chaque ville est passée, voire dépassée trop rapidement, le rythme de l'observateur tranquille est perdu, nous sommes trop pressés. Des touristes entiers. Le type de voyage que je fuyais jusqu'à maintenant. Le mal être est heureusement réduit par le fait que cela se passe dans un pays occidental et par la présence de mes amis (qui paradoxalement obligent justement l'urgence du voyage).
Pour une heure passée à un endroit, j'y serai probablement resté une demi-journée si j'avais été seul. Pour une journée dans un parc national, j'aurais pu y randonner 4 ou 5 jours. La ou je me serai arrêté plusieurs fois sur un trajet d'une ville à une autre, la voiture n'ose parfois même pas ralentir... Ce que l'on fait maintenant en 15 jours, j'en aurais probablement pas fait les 3/4 en un mois...
Je ne critique pas la façon dont la chose a été planifiée, d'ailleurs j'ose croire que Action, Edith et Gillou comprendront mon ressentiment. Car je passe du très bon temps. Seulement différent. Aussi si je ne relève pas les bons cotés, je m'en excuse car il y en a de nombreux.
On voit beaucoup de la Nouvelle-Zélande. On voit mais on n'assimile pas. On n'a pas pris le temps de s'imprégner, d'apprécier jusqu'au bout, de chercher au-delà des apparences. De se sentir part de cet environnement. Et de comprendre. Ce n'est pas seulement pour nous mais aussi pour ces paysages, cette nature qui mérite qu'on la regarde, qui méritent de l'attention et du temps...
Et voila comment apparaît comme un nez au milieu d'un visage le plus gros problème du monde occidental: le manque de temps. Ou plus explicitement, le fait que les gens ne prennent pas, plus le temps. En voulant faire plus, faire trop, ils font souvent mal. Les occidentaux (et j'en fait partie aussi, bien évidemment) ne prennent plus assez le temps de penser, de regarder, de comprendre, de s'imprégner. Et quelque part, je nous plains. Est-il possible de passer sa vie à ne pas comprendre ce que l'on vit, et ce sans s'en apercevoir? | En bonus, un fichier vidéo: cliquez ici |
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